Éducation aux médias : fabriquer une fake news pour apprendre à la déjouer

Une statue décapitée. Des cris dans la nuit. Des chats qui disparaissent un à un. Dans ce village du Bugey, trois adolescentes filment tout. Leur conclusion : rien de tout cela n’est naturel. Des aliens ? Des loups-garous ? Qui sait, peut-être tout ça à la fois. Après tout, c’est ce qu’on entend partout sur les réseaux.

Mais elles ont tout inventé, et c’est le but. Pendant deux jours, un petit groupe d’ados a fabriqué une fausse information de A à Z, pour apprendre à la démonter. Et ce faux-là ne finira pas dans un tiroir : il est fait pour être diffusé, sur YouTube comme sur Petit Bugiste et Grand Curieux, le média en ligne de l’association, afin de partager, meme après l’atelier, le savoir acquit.

StoryBrique, voir les biais en jouant

Tout part de l’écriture. Pour cette étape, nous utilisons StoryBrique, un jeu d’écriture audiovisuelle que nous développons depuis 2023. En jouant, le groupe manipule les ressorts d’un récit, construit la courbe narrative : ce qui accroche, ce qui fait peur, ce qui donne l’air vrai. Il croise au passage les biais cognitifs, la vérification des sources et la méthode scientifique, sans réciter un cours. À Champagne-en-Valromey, deux heures ont suffi pour tenir un scénario complet, avec un début, un milieu et une fin.

Deux heures pour une histoire structurée, c’est la force du jeu. C’en est aussi la limite. Le squelette narratif tient, mais le texte et les dialogues demanderaient un peu plus de temps : à Champagne, ils ont été largement improvisés au tournage. Savoir qu’il faut telle scène, ou tel nombre de plans pour telle séquence, ce n’est pas encore écrire. Nous en avons tiré une leçon : lorsque le financement le permet, nos prochains ateliers gagnent une journée dédiée au travail sur le texte. C’est déjà le cas de notre prochaine édition, financée, un atelier sur les fausses informations scientifiques, à l’Observatoire du col de la Lèbe, prévu pour 2027.

Un jeu qui s’adapte à son terrain

StoryBrique n’est pas figé. Il se décline selon le thème et le territoire. Ici, la déclinaison s’appuie sur Le Péril Bleu, roman de Maurice Renard paru en 1912. L’histoire se déroule autour du Grand Colombier, dans le Bugey : des monuments vandalisés, des animaux et des gens qui disparaissent, et des créatures venues du folklore local, les Sarvants, ces lutins du Bugey et du Jura. Les jeunes y ont puisé leurs propres inspiration que l’on retrouve vivement dans la statue décapitée.

L’atelier fait aussi office de porte d’entrée sur le territoire. Ces jeunes grandissent dans le Bugey sans toujours en connaître l’histoire ni les légendes. En explorant le roman et son décor, ils renouent avec le folklore et le passé du lieu où ils vivent.

Le roman tend un miroir troublant. Dans la revue ReS Futurae, la chercheuse Valérie Stiénon le décrit comme « un roman de la rumeur médiatique »¹ : la presse y fabrique l’événement à coups de manchettes, comme « Les hommes-oiseaux du Bugey », la peur nourrit la rumeur, l’opinion bascule de la panique à l’euphorie. Il y a plus d’un siècle, un romancier qui vécue (par période) dans le Bugey décrivait déjà ce que les réseaux donnent à voir chaque jour.

À lire aussi, le patrimoine littéraire du Bugey et l’univers de Maurice Renard, sur Petit Bugiste et Grand Curieux. 

Décrypter les ficelles

Un faux reportage ne vaut que par ce qu’on en fait ensuite. Scène après scène, nous nommons avec le groupe les ressorts activés.

Les procédés de manipulation :

  • Appel à l’autorité : un « scientifique » suffit à rendre un propos crédible. Le nôtre est franchement loufoque, et le tour fonctionne quand même.
  • Habillage pseudo-scientifique : une vraie théorie de physique, la théorie des cordes, est citée puis détournée. À l’écran, un vrai livre de vulgarisation, L’Univers élégant de Brian Greene, sert de caution.
  • Preuve sociale : tout le village en parle, donc ce serait vrai. Le nombre remplace la preuve.
  • Appel à la peur : l’émotion prend la place du raisonnement.
  • Rumeur : le « il paraît que » tient lieu de source.

Les biais cognitifs, côté spectateur :

  • Biais de disponibilité : ce qu’on voit souvent finit par sembler vrai.
  • Biais de confirmation : on retient ce qui conforte ce qu’on croyait déjà.

Face à chaque ficelle, trois questions : quelle est la source, est-ce vérifiable, existe-t-il une autre explication.

De l’atelier à la diffusion

Le film aurait pu rester sur une carte mémoire. Il est en ligne. Sur YouTube, dans un cadre clairement identifié comme une fiction. Sur Petit Bugiste et Grand Curieux, le média local de l’association. Et sur CartoMedia, la carte du territoire intégrée au média : le film y est géolocalisé à Champagne-en-Valromey, avec un résumé qui renvoie vers l’article. On peut ainsi tomber dessus en explorant la carte de sa propre région, entre un événement et un lieu de patrimoine.

Chaque canal éclaire une facette : le décryptage des ficelles sur YouTube, le patrimoine littéraire dans le média, le film ancré dans son décor sur la carte. Un même objet, plusieurs portes d’entrée selon le public.

Reste une règle, non négociable : nous ne publions jamais le faux sans son explication. Une fausse information mise en ligne sans cadre, ce serait de la désinformation. Accompagnée de son mode d’emploi, elle devient un outil pour apprendre à douter.

Le film est visible ici :

Petit Bugiste et Grand Curieux, un média local en construction

Petit Bugiste et Grand Curieux est un média ultra-local, encore en version alpha, et nous l’assumons. 

Son pari : adossé à un outil comme CartoMedia, qui géolocalise et rend visibles les infos et les événements du territoire, redonner de la place à l’information de proximité. 

Le sujet dépasse le Bugey. Une enquête de la Fondation Jean-Jaurès et de l’association Les Relocalisateurs, publiée en novembre 2025, alerte sur le risque de « déserts médiatiques » : un tiers des Français déclare avoir déjà constaté la disparition d’au moins un média local dans sa région²

Or la couverture locale nourrit la vie démocratique : les consommateurs assidus de médias locaux votent à chaque élection à 87 %, contre 62 % chez ceux qui n’en consomment pas. Ailleurs, le mal est plus avancé : aux États-Unis, un quart des journaux ont disparu en vingt ans, laissant un Américain sur cinq en « zone de sous-information »³. Et le vide a un coût. Moins de médias locaux fiables, c’est plus de place pour les faux : fin 2025, Reporters sans frontières recensait 85 sites de fausse information locale, pour plus de 13 000 articles

Un média en construction se teste en marchant. Pour continuer, Petit Bugiste et Grand Curieux a besoin de contributeurs et de soutien. Vous pouvez nous aider ici : https://www.helloasso.com/associations/story-milcats/formulaires/1

Ce que l’atelier implique poour les jeunes

À la fin, on demande aux participants ce qui peut rendre un reportage trompeur. Un jeune répond : « Un montage de mauvaise qualité. » Un autre pointe « la tête de la statue » : cet effet, la statue soudain décapitée, a été réalisé en post-production, en effets spéciaux. Les jeunes ont vu naître le trucage et compris de l’intérieur comment se fabrique une image mensongère. L’atelier a d’ailleurs ouvert la question de l’IA, qui produit aujourd’hui de fausses images à la chaîne. Ils ne récitent pas une leçon : ils désignent des procédés qu’ils ont vus à l’œuvre. Côté familles, un parent résume dans le questionnaire : « Atelier très instructif sur les plans technique et moral. » Le mot est juste. À Story Milcats, nous lui préférons pourtant celui d’éthique : « moral » garde à nos yeux une connotation religieuse, quand notre démarche est pleinement laïque. Le technique et l’éthique, donc : les deux jambes de l’éducation aux médias.

Travailler avec Story Milcats

Story Milcats conçoit et anime des ateliers d’éducation aux médias pour tous : en médiathèque, à l’école, avec les collectivités, mais aussi en dehors des institutions. Pour les jeunes comme pour les « vieux », et autant que possible en transgénérationnel : il faut que les générations se parlent et, plus important, qu’elles se comprennent. Nous adaptons chaque format à l’âge des participants, au temps disponible et au matériel sur place. Invasion Médiatique est une déclinaison parmi d’autres ; nous en développons d’autres, notamment autour des sciences.

Le meilleur moyen de ne plus se faire prendre par une fausse information, c’est peut-être d’en avoir fabriqué une. Pour monter un atelier avec nous, écrivez-nous sur : contact@storymilcats.org.

Linkographie

1. Valérie Stiénon, « Un roman de la rumeur médiatique. Événement, suspense et anticipation dans Le Péril bleu de Maurice Renard », ReS Futurae, n° 11, 2018 — https://journals.openedition.org/resf/1343  (paragraphes 8, 13 et 14).

2. David Medioni (coord.) et al., Vers des déserts médiatiques en France. La démocratie peut-elle survivre sans médias ?, Les Relocalisateurs et Fondation Jean-Jaurès, novembre 2025 — https://www.jean-jaures.org/publication/vers-des-deserts-mediatiques-en-france-la-democratie-peut-elle-survivre-sans-medias/  (pages 1, 5 et 11).

3. François Saltiel, « Une étude alerte sur les conséquences d’un désert médiatique en France », Un monde connecté, France Culture, novembre 2025 — https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/un-monde-connecte/une-etude-alerte-sur-les-consequences-d-un-desert-mediatique-en-france-5586189  (comparatif états-unien).

4. Reporters sans frontières (Laure Chauvel), « France : l’information locale en première ligne », mars 2026, via RFI, « En France, la presse locale est menacée » (21/03/2026) — https://www.rfi.fr/fr/podcasts/menaces-sur-l-information/20260321-en-france-la-presse-locale-est-menac%C3%A9e-alerte-reporters-sans-fronti%C3%A8res  (85 sites, 13 000 articles).

Le film

« Invasion Médiathique – Panique sur Champagne », Story Milcats, YouTube, 2026 : https://youtu.be/QncCvBxgLYE 

Restitution de l'atelier stop motion taille humaine, en partenariat avec le Foyer Rural de Ceyzerieu.

 Un film en stop motion imaginé par des enfants : « La maison de l’absurde »

En février 2025, douze enfants âgés de 8 à 15 ans ont imaginé et réalisé un court-métrage de six minutes dans le cadre d’un atelier pédagogique et créatif animé par Story MILCATS. Un film étrange et drôle, où une maison décide d’engloutir ses locataires pour les envoyer ailleurs, un ailleurs, comment dire, … un peu spécial !

Durant deux journées d’atelier, les enfants ont été guidés à travers toutes les étapes de la création d’un film en stop motion : écriture, choix des décors, animation image par image, bruitage et montage.

Le tournage a été réalisé avec le logiciel Dragon Frame, à l’aide de deux caméras Sony et d’un iPhone. Les décors, imaginés collectivement, ont été conçus en 3D sous Unreal Engine. Le montage final a été assuré sous DaVinci Resolve. Le film raconte l’histoire absurde d’une maison qui, refusant toute cohabitation ou se sentant l’âme d’un juge et bourreaux, avale ses occupants les uns après les autres.

Le récit a été construit à l’aide des StoryBriques, un dispositif d’écriture inventé par l’équipe pédagogique de Story MILCATS. Ce système permet de structurer collectivement un récit simple et créatif, en un temps court.

Le film est à découvrir en ligne ci-dessous, sur nos réseaux et chaîne YouTube.

Le prochain atelier aura lieu les 24 et 25 avril 2025, autour du documentaire, du son et de l’animation sur le thème de : « Vivre la Campagne » !
Inscription ici : https://www.foyerruralceyzerieu.fr/event/atelier-journaliste-en-herbe-8-12-ans-13/register

COCKTAIL SANS ALCOOL : À BELLEY, DES COLLÉGIENS FILMENT UN MÉTIER QUI LES INSPIRE

Dans le cadre du concours national Je filme le métier qui me plaît, cinq élèves du collège Sabine-Zlatin ont réalisé un court-métrage de trois minutes sur le métier de barman, en partenariat avec le centre social Escale / programme CLAS et l’association Story MILCATS. Ces ateliers ont été accueillis à l’espace Rameaux géré par l’association Obatala, merci à eux pour la mise à disposition des locaux.

L’exercice, mené sur sept séances d’à peine 50 minutes, a permis aux jeunes de s’initier à toutes les étapes de la création audiovisuelle : écriture du scénario avec les animateurs du CLAS, travail de cadrage, tournage, montage. La version courte, envoyée au concours, condense en trois minutes un projet bien plus long — le montage complet en fait sept.

Par souci d’accessibilité et de pédagogie, le choix s’est porté sur l’usage de téléphones portables. Les jeunes n’ont pas tous accès à du matériel professionnel et l’association ne possède à ce jour que quelques appareils récents. Le son et l’image s’en ressentent parfois, mais la créativité et l’engagement des participants ont largement compensé ces limites techniques.

Ce type d’atelier est au cœur des actions d’éducation aux médias que mène Story MILCATS dans le Bugey. Pour soutenir les jeunes réalisateurs, il est possible de visionner leur film et de voter pour eux sur la plateforme du concours « Je filme le métier qui me plait » :
https://www.parcoursmetiers.tv/video/18652-cocktail-sans-alcool

Vous souhaitez aider l’association avec un don : rendez-vous sur notre page HelloAsso
Vous avez un iPhone à partir de sa version 8 dont vous n’avez plus usage, faîtes le savoir, nous en prendrons grand soin et nos jeunes Bugistes en feront bon usage !

Retrouvez l’article de la Voix de l’Ain sur ce projet ici :

Affiche de l'atelier « Vivre la campagne », en partenariat avec le Foyer Rural de Ceyzerieu.

Atelier EMI : Vivre la campagne

Jeudi 24 et vendredi 25 avril 2025 – Ceyzérieu (01)
Pour les enfants de 8 à 12 ans
Foyer Rural – 1 place de la Mairie
foyer.ceyzerieu@gmail.com – ☎ 04 57 29 08 29 / 06 25 96 90 97
Inscriptions sur foyerruralceyzerieu.fr

Deux jours pour enquêter, questionner, raconter.
Encadrés par des professionnels de l’information et de l’image, les enfants deviennent reporters le temps d’un atelier. Objectif : interroger le quotidien d’un village et ses habitants, à hauteur d’enfant.

La première journée est consacrée à la collecte et la vérification d’informations, à l’apprentissage des bases du son, de la vidéo et du cadrage. Des interviews croisées entre enfants permettront de confronter les regards : ici ou ailleurs, question de points de vue a hauteur d’enfant…

Le deuxième jour, place au terrain : micro-trottoirs dans le village, interviews filmées, captations sonores et témoignages face caméra. Les jeunes reporter·e·s auront notamment l’occasion d’interviewer Madame le Maire sur les spécificités d’une mairie rurale, les rôles, limites et responsabilités d’un élu de proximité.

Plusieurs formats seront abordés : vidéo, photo, diaporama sonore. Le montage final sera assuré par l’équipe de Story MILCATS pour permettre aux enfants de se concentrer sur le contenu. Une projection des extraits bruts est prévue en fin d’atelier, en présence des familles.

Matériel : smartphone personnel bienvenu. L’association fournit le matériel son et image. Tablettes disponibles pour les recherches.

Habitants de Ceyzérieu : si vous souhaitez répondre aux questions des enfants lors des micro-trottoirs, faites-vous connaître au 06 03 10 98 00 ou par mail à nberg@longstorylab.net.

Les productions seront diffusées sur le site du foyer rural et sur le média local Petit Bugiste et Grand Curieux.

Enfant en reportage photo autour du lac d'Armaille AIN

Nos jeunes Bugistes ont du talent : deux reportages à découvrir !

Pendant les vacances de la Toussaint, douze enfants du Bugey, âgés de 8 à 12 ans, ont participé à un atelier d’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI). Organisé par le foyer rural de Ceyzerieu en partenariat avec l’association Story MILCATS, cet atelier leur a permis de s’initier aux bases du journalisme audiovisuel.
Résultat ? Deux vidéos authentiques et captivantes qui mettent à l’honneur notre agriculture locale et les circuits courts.

Vidéo 1 : La ferme du Marais
Découvrez le quotidien de Fanny, éleveuse engagée dans la vente directe. Nos reporters en culotte courte se sont plongés dans l’univers de cette ferme qui allie pratiques éthiques et proximité avec les consommateurs. De l’élevage des cochons à la transformation sans additifs, ce reportage met en lumière les valeurs des circuits courts.

Vidéo 2 : Les Petits Paniers de Ceyzerieu
Plongez dans l’univers des circuits courts à travers l’association Les Petits Paniers. Cette association permet aux consommateurs de rencontrer directement les producteurs locaux et d’acheter des produits frais et de saison. Une immersion riche, filmée et racontée par nos jeunes talents avec tous les incroyables Bugistes qui se sont prêtés au jeu de l’interview filmée ! Merci à Eux !

Si vous souhaitez organiser un atelier, écrivez-nous à : nberg@longstorylab.net
Ou bien, nous aider dans nos actions et notre développement en répondant à ce questionnaire, nous vous en serions extrêmement reconnaissants

Valleys & Plains : Une résidence immersive entre musique et technologie

De mai à septembre 2024, le duo musical Valleys & Plains, composé de Stéphane Montigny et Olivier Goulet, a été accueilli en résidence hybride par l’association Story MILCATS à La Charmeuse. Cette résidence de six mois a permis au groupe de travailler sur un projet mêlant musique électronique, expérimentale et scénographie interactive.

Avec l’appui de l’écosystème LongStoryLab, le duo a développé sept tableaux visuels projetés en arrière-scène, conçus par le studio Gyom.net, ainsi que des hologrammes représentant leurs avatars. Nadia Berg, présidente de Mutin(R)y prod, a dirigé la conception artistique des décors. En parallèle, Gyom.net et Mutin(R)y poursuivent les recherches pour intégrer des outils tels que le pilotage automatique des lumières par fréquence sonore et la création d’avatars interactifs en 3D temps réel.

Deux concerts ont marqué cette résidence. En mai 2024, une première représentation a eu lieu au Café de la Place à Virieu-le-Grand, tandis que le concert de restitution en septembre, à La Casa Vava, a présenté le projet dans son intégralité. À cette occasion, Brunhild Ferrari a participé en présentant son œuvre Le Piano Englouti et le film Spontané IV de Luc Ferrari.

Story MILCATS travaille à étendre ce projet en poursuivant le développement technique, l’immersif et l’interactif, notamment, et reste en recherche de nouvelles opportunités de diffusion. Une démarche artistique, une résidence créative où la technologie et la musique s’entrelacent pour explorer de nouveaux formats de scène et d’interaction avec le public.

Menu du restaurant de la ferme du Marais 01 - Bugey Sud

Producteurs locaux : quand le circuit court nourrit la confiance.

À la ferme du Marais, les producteurs misent sur l’éthique et la proximité. Une leçon de circuits courts pour les enfants reporters du Bugey.

Les âne à l'entrée de la ferme du Marais Bugey Sud

Pendant deux jours, douze enfants du Bugey ont enquêté sur les circuits courts à la ferme du Marais. Une agriculture locale, éthique et respectueuse des cycles naturels, où producteurs et consommateurs tissent des liens directs, loin des grandes chaînes.

Immersion pédagogique : à la rencontre des producteurs

Les 24 et 25 octobre, douze enfants reporters se sont aventurés sur les chemins du Bugey Sud pour découvrir une agriculture différente. Leur terrain ? : la ferme du Marais. Cet atelier d’éducation aux médias, organisé par le foyer rural de Ceyzerieu et Story MILCATS, les a plongés dans le quotidien des producteurs locaux.
Encadrés par Nadia Berg, journaliste, et Adèle Voulhoux, lycéenne, ils ont observé, interrogé et filmé. Leur sujet : comprendre comment les circuits courts permettent aux agriculteurs de nourrir leurs voisins tout en respectant l’humain, le monde animal, mais également la nature dans laquelle ils évoluent et le développement économique du territoire.

Découvrez le reportage réalisé par Clara, Fanelly, Jules, Camille, Guillemette, Maya, Pema, Izia, Icare, Luce, Louise et Leïla sur la Ferme du marais (01)

Une ferme engagée et éthique

À la ferme du Marais, on élève des cochons, on transforme sur place, et on vend directement au consommateur. Pas de label bio ici, mais des pratiques qui s’en rapprochent : alimentation et transformation sans additifs, rotation des pâtures et soin des animaux. Fanny, qui gère l’exploitation avec sa mère et son petit frère, explique que leur modèle s’appuie sur des valeurs éthiques, alliant respect des bêtes, de la nature et des clients.
Pour les consommateurs, l’absence de label n’est pas un frein. Ils viennent ici pour la qualité et la transparence. En discutant avec Fanny, ils savent d’où viennent les produits et comment ils sont fabriqués. Ce lien direct est la clé.
Les enfants ont découvert cet engagement dans le magasin de la ferme, où Fanny prépare les commandes. Chaque étape, de l’élevage à la mise sous vide, puis à la vente, est maîtrisée sur place. Une autonomie qui garantit traçabilité et confiance.

Les circuits courts, une agriculture plus humaine ?

La vente directe à la ferme, adoptée par 23 % des 389 779 exploitations françaises, reste le canal principal pour les circuits courts. Cela représente donc 90 024 exploitations agricoles en 2020.
En Auvergne-Rhône-Alpes, les circuits courts concernent près de 14 300 exploitations sur les  48 493 que concentre la région en 2020. Dans ces fermes, éthique et proximité se supplante parfois aux labels : les consommateurs rencontrent les producteurs et jugent par eux-mêmes.
Cette relation de confiance se retrouve aussi dans des structures comme l’association Les Petits Paniers de Ceyzerieu. Elle réunit des maraîchers, des éleveurs et des producteurs en cours de conversion bio. Ici encore, pas de circuits impersonnels : chaque produit vendu porte l’histoire de celui qui l’a cultivé, une histoire que nous vous raconterons en image la semaine prochaine grâce, de nouveaux, à nos journalistes en herbe.
Les circuits courts ne profitent pas qu’aux consommateurs. Pour les producteurs, ils assurent une rémunération juste et un modèle économique équitable. Dans la région, ces exploitations mobilisent en moyenne 1,8 fois plus de main-d’œuvre que celles en filière longue, tout en limitant l’impact écologique.

Les enfants reporters en action

L’atelier a permis aux enfants de poser des questions, de filmer et de comprendre. « Comment on élève un cochon ? », demande l’un d’eux. Fanny détaille : une alimentation locale, des soins constants et un suivi des cycles naturels.

Ils découvrent aussi les contraintes liées à ce métier. « On travaille avec nos valeurs, c’est important. Nous ne savons pas si ce sont les meilleures, mais ce sont les nôtres…]». Elle précise également qu’ils privilégient la vente directe et la transformation sans additif pour respecter leurs bêtes et leurs clients.

Photo du Menu du restaurant de la ferme du Marais 01 - Bugey Sud

Une agriculture vivante dans le Bugey Sud

Le Bugey Sud, c’est 247 exploitations agricoles, dont 85 pratiquent les circuits courts. La majorité sont de petites structures, comme la ferme du Marais. Ce tissu agricole repose sur des valeurs d’échange, de durabilité et de proximité.
Ces pratiques trouvent un écho chez les habitants. À travers des associations comme Les Petits Paniers ou des initiatives locales, les consommateurs renouent avec ceux qui les nourrissent. L’absence de label ne remet pas en question la qualité des produits. Au contraire, la relation directe entre producteurs et acheteurs renforce cette confiance.

Transmettre des valeurs

Pendant deux jours, les enfants reporters ont plongé dans un modèle agricole qui lie nature, proximité et éthique. À travers leurs micros et caméras, ils ont documenté des pratiques où producteurs et consommateurs se rencontrent et partagent des valeurs communes.

La ferme du Marais en est un exemple. Sans label, mais avec des pratiques responsables et une volonté de transparence. Une agriculture qui nourrit bien plus que les assiettes.

Une carte interactive pour valoriser les producteurs locaux

La communauté de communes Bugey Sud soutient ces initiatives à travers son Projet Agricole et Alimentaire Territorial (PAAT). Une carte interactive, en partenariat avec l’ADABIO, recensera les producteurs locaux et leurs offres. Les agriculteurs désireux d’y figurer peuvent se recenser ici : https://aurabio.limesurvey.net/599161?LANG=FR 

Découvrez le reportage réalisé par Clara, Fanelly, Jules, Camille, Guillemette, Maya, Pema, Izia, Icare, Luce, Louise et Leïla sur « Les Petits Paniers » (01)

Portrait de lisa miquet

Lisa Miquet

Lisa commence par travailler pour plusieurs médias comme journaliste (TF1, France TV, madmoiZelle, Konbini…) et a coréalise le documentaire “YouTube, elles prennent la parole” qui questionne le sexisme sur Internet.

Forte de ces expériences, elle décide de se lancer à son compte et d’officier comme photographe et réalisatrice pour différents médias tels que Reporter Sans Frontière, Le Monde, L’Obs, Paris Match, Elle .

Son univers à la frontière entre mode et documentaire, lui permet de tirer le portrait de nombreuses personnalités : François Hollande, Adèle Exarchopoulos, OrelSan, Angèle, Thomas Pesquet, les jeunes espoirs des Césars…

Repérée par Canal +, elle rentre du Liban, où elle a réalisé Bombing Beirut, une série documentaire de 8 épisodes qui aborde l’émergence de la scène graffiti dans le pays.

Depuis son retour du Liban, Lisa oriente sa pratique autour de la photographie de portrait. Elle se concentre également sur des sujets liés au féminisme, comme le tabou des règles ou encore celui de la pilosité féminine.