Un film en stop motion imaginé par des enfants : « La maison de l’absurde »

En février 2025, douze enfants âgés de 8 à 15 ans ont imaginé et réalisé un court-métrage de six minutes dans le cadre d’un atelier pédagogique et créatif animé par Story MILCATS. Un film étrange et drôle, où une maison décide d’engloutir ses locataires pour les envoyer ailleurs, un ailleurs, comment dire, … un peu spécial !

Durant deux journées d’atelier, les enfants ont été guidés à travers toutes les étapes de la création d’un film en stop motion : écriture, choix des décors, animation image par image, bruitage et montage.

Le tournage a été réalisé avec le logiciel Dragon Frame, à l’aide de deux caméras Sony et d’un iPhone. Les décors, imaginés collectivement, ont été conçus en 3D sous Unreal Engine. Le montage final a été assuré sous DaVinci Resolve. Le film raconte l’histoire absurde d’une maison qui, refusant toute cohabitation ou se sentant l’âme d’un juge et bourreaux, avale ses occupants les uns après les autres.

Le récit a été construit à l’aide des StoryBriques, un dispositif d’écriture inventé par l’équipe pédagogique de Story MILCATS. Ce système permet de structurer collectivement un récit simple et créatif, en un temps court.

Le film est à découvrir en ligne ci-dessous, sur nos réseaux et chaîne YouTube.

Le prochain atelier aura lieu les 24 et 25 avril 2025, autour du documentaire, du son et de l’animation sur le thème de : « Vivre la Campagne » !
Inscription ici : https://www.foyerruralceyzerieu.fr/event/atelier-journaliste-en-herbe-8-12-ans-13/register

COCKTAIL SANS ALCOOL : À BELLEY, DES COLLÉGIENS FILMENT UN MÉTIER QUI LES INSPIRE

Dans le cadre du concours national Je filme le métier qui me plaît, cinq élèves du collège Sabine-Zlatin ont réalisé un court-métrage de trois minutes sur le métier de barman, en partenariat avec le centre social Escale / programme CLAS et l’association Story MILCATS. Ces ateliers ont été accueillis à l’espace Rameaux géré par l’association Obatala, merci à eux pour la mise à disposition des locaux.

L’exercice, mené sur sept séances d’à peine 50 minutes, a permis aux jeunes de s’initier à toutes les étapes de la création audiovisuelle : écriture du scénario avec les animateurs du CLAS, travail de cadrage, tournage, montage. La version courte, envoyée au concours, condense en trois minutes un projet bien plus long — le montage complet en fait sept.

Par souci d’accessibilité et de pédagogie, le choix s’est porté sur l’usage de téléphones portables. Les jeunes n’ont pas tous accès à du matériel professionnel et l’association ne possède à ce jour que quelques appareils récents. Le son et l’image s’en ressentent parfois, mais la créativité et l’engagement des participants ont largement compensé ces limites techniques.

Ce type d’atelier est au cœur des actions d’éducation aux médias que mène Story MILCATS dans le Bugey. Pour soutenir les jeunes réalisateurs, il est possible de visionner leur film et de voter pour eux sur la plateforme du concours « Je filme le métier qui me plait » :
https://www.parcoursmetiers.tv/video/18652-cocktail-sans-alcool

Vous souhaitez aider l’association avec un don : rendez-vous sur notre page HelloAsso
Vous avez un iPhone à partir de sa version 8 dont vous n’avez plus usage, faîtes le savoir, nous en prendrons grand soin et nos jeunes Bugistes en feront bon usage !

Retrouvez l’article de la Voix de l’Ain sur ce projet ici :

Semaine des métiers de la Culture et des Médias

Pendant quatre jours, La Semaine des Métiers de la Culture et du Journalisme, les participants auront la possibilité de découvrir tout un panel de métiers méconnus ou mésestimé, souvent assez éloigné de notre territoire. Ils seront initiés aux pratiques des différents métiers de ses filières, pourrons tester, découvrir, interroger et s’ouvrir à de nouvelles perspectives.

Un Tremplin vers la Professionnalisation

Ils bénéficieront également de pistes concrètes pour se professionnaliser grâce aux échanges avec des intervenants en activité, qui connaissent bien les réalités et les enjeux du secteur, chacun pourra mieux comprendre les parcours de formation possibles, les compétences à développer et les débouchés professionnels.

En clôture de cette semaine immersive, un concert à l’Espace Rameaux, le samedi 22 février 2025, viendra célébrer cette aventure collective, mettre en lumière l’univers du spectacle vivant et en musique les esprit échauffés.

Les Ateliers : 

Lumière de studio pour la vidéo et la photo

Comprendre et maîtriser l’éclairage en studio est un élément clé de la production audiovisuelle et photographique. Cet atelier permettra aux participants d’expérimenter la gestion des sources lumineuses et des ombres pour sublimer leurs images et vidéos.

Caméra et tournage : de l’image brute au récit

Tourner avec une caméra professionnelle ou transformer son téléphone en outil de captation, c’est possible ! Cet atelier initiera aux bases du cadrage, de la mise en scène et de la prise de son pour réaliser des vidéos percutantes.

@bergnadia – Photo issue d’une formation pour les journaliste de la RTS sur l’usage du mobile pour le tournage et le montage professionnel

Journalisme : enquête et éthique de l’information

@bergnadia


Comment trouver, vérifier et raconter l’information ? Entre initiation aux techniques de l’interview, écriture journalistique et réflexion sur l’éthique des médias, cet atelier plongera les participants au cœur des enjeux du journalisme contemporain.

Montage vidéo et post-production


Du montage sur CapCut aux outils professionnels comme DaVinci Resolve, cet atelier explorera le travail du montage, du motion design et de l’étalonnage pour donner une esthétique cinématographique aux productions audiovisuelles.

©guillaumerouvroy – post-production son de la série Les Questions d’Emilie.

Régie plateau pour le spectacle vivant

@bergnadia _ stade de France Metalica

Dans les coulisses du spectacle, la régie plateau orchestre le bon déroulement des représentations. Cet atelier mettra en lumière l’organisation des espaces scéniques, la coordination des équipes techniques et la gestion des imprévus.

Régie son : l’art de la balance parfaite

Que ce soit pour un concert ou une pièce de théâtre, le son est un élément fondamental. Les participants apprendront à manipuler une console, régler les micros et équilibrer le mixage pour un rendu sonore optimal.

@bergnadia – Concert espace rameau emplacement régie son et lumière.

Régie lumière : créer l’ambiance d’un spectacle

©bergnadia – Concert Olivia Ruiz

La lumière sculpte l’espace et donne une dimension émotionnelle aux spectacles. Cet atelier proposera une immersion dans la programmation des jeux de lumière et l’utilisation des projecteurs pour sublimer la scène.

3D et Motion Design : donner vie aux images

De l’animation de logos aux effets visuels avancés sur After Effects, cet atelier explorera les bases du motion design et de la 3D, essentielles dans la création de contenus audiovisuels modernes.

©bergnadia – Gros plan sur le travail de création d’environnement de synthese pour la projection magistrale par Gyom.net

Musique assistée par ordinateur (MAO) et création de jingles

Création de musique assistée par ordinateur (MAO)

Composer une bande-son, fabriquer un jingle ou expérimenter avec les logiciels de MAO : cet atelier offrira une approche pratique de la production musicale pour les médias et le spectacle.

Production et administration du spectacle vivant

Derrière chaque représentation, il y a une logistique rigoureuse. Cet atelier dévoilera les coulisses de la production : gestion des budgets, planification, contrats et coordination des équipes artistiques et techniques.

Communication et médiation culturelle

@bergnadia – Mathieu Clara, Obatala en pleine introduction des MicroFolies CasaVava

Faire connaître un projet, attirer un public et transmettre un message : cet atelier abordera les stratégies de communication dans le secteur culturel, de la création graphique à la gestion des réseaux sociaux.

Ces ateliers immersifs, lors de la Semaine des Métiers de la Culture et du Journalisme offrent une occasion d’expérimenter et de comprendre des professions méconnues du monde artistiques et médiatiques, d’ouvrir son horizon des possibles professionnels ou simplement de satisfaire sa curiosité et d’approfondir ses connaissances.

Inscriptions : 06.66.03.19.19 ou espacerameaux@gmail.com

Enfant en reportage photo autour du lac d'Armaille AIN

Nos jeunes Bugistes ont du talent : deux reportages à découvrir !

Pendant les vacances de la Toussaint, douze enfants du Bugey, âgés de 8 à 12 ans, ont participé à un atelier d’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI). Organisé par le foyer rural de Ceyzerieu en partenariat avec l’association Story MILCATS, cet atelier leur a permis de s’initier aux bases du journalisme audiovisuel.
Résultat ? Deux vidéos authentiques et captivantes qui mettent à l’honneur notre agriculture locale et les circuits courts.

Vidéo 1 : La ferme du Marais
Découvrez le quotidien de Fanny, éleveuse engagée dans la vente directe. Nos reporters en culotte courte se sont plongés dans l’univers de cette ferme qui allie pratiques éthiques et proximité avec les consommateurs. De l’élevage des cochons à la transformation sans additifs, ce reportage met en lumière les valeurs des circuits courts.

Vidéo 2 : Les Petits Paniers de Ceyzerieu
Plongez dans l’univers des circuits courts à travers l’association Les Petits Paniers. Cette association permet aux consommateurs de rencontrer directement les producteurs locaux et d’acheter des produits frais et de saison. Une immersion riche, filmée et racontée par nos jeunes talents avec tous les incroyables Bugistes qui se sont prêtés au jeu de l’interview filmée ! Merci à Eux !

Si vous souhaitez organiser un atelier, écrivez-nous à : nberg@longstorylab.net
Ou bien, nous aider dans nos actions et notre développement en répondant à ce questionnaire, nous vous en serions extrêmement reconnaissants

Menu du restaurant de la ferme du Marais 01 - Bugey Sud

Producteurs locaux : quand le circuit court nourrit la confiance.

À la ferme du Marais, les producteurs misent sur l’éthique et la proximité. Une leçon de circuits courts pour les enfants reporters du Bugey.

Les âne à l'entrée de la ferme du Marais Bugey Sud

Pendant deux jours, douze enfants du Bugey ont enquêté sur les circuits courts à la ferme du Marais. Une agriculture locale, éthique et respectueuse des cycles naturels, où producteurs et consommateurs tissent des liens directs, loin des grandes chaînes.

Immersion pédagogique : à la rencontre des producteurs

Les 24 et 25 octobre, douze enfants reporters se sont aventurés sur les chemins du Bugey Sud pour découvrir une agriculture différente. Leur terrain ? : la ferme du Marais. Cet atelier d’éducation aux médias, organisé par le foyer rural de Ceyzerieu et Story MILCATS, les a plongés dans le quotidien des producteurs locaux.
Encadrés par Nadia Berg, journaliste, et Adèle Voulhoux, lycéenne, ils ont observé, interrogé et filmé. Leur sujet : comprendre comment les circuits courts permettent aux agriculteurs de nourrir leurs voisins tout en respectant l’humain, le monde animal, mais également la nature dans laquelle ils évoluent et le développement économique du territoire.

Découvrez le reportage réalisé par Clara, Fanelly, Jules, Camille, Guillemette, Maya, Pema, Izia, Icare, Luce, Louise et Leïla sur la Ferme du marais (01)

Une ferme engagée et éthique

À la ferme du Marais, on élève des cochons, on transforme sur place, et on vend directement au consommateur. Pas de label bio ici, mais des pratiques qui s’en rapprochent : alimentation et transformation sans additifs, rotation des pâtures et soin des animaux. Fanny, qui gère l’exploitation avec sa mère et son petit frère, explique que leur modèle s’appuie sur des valeurs éthiques, alliant respect des bêtes, de la nature et des clients.
Pour les consommateurs, l’absence de label n’est pas un frein. Ils viennent ici pour la qualité et la transparence. En discutant avec Fanny, ils savent d’où viennent les produits et comment ils sont fabriqués. Ce lien direct est la clé.
Les enfants ont découvert cet engagement dans le magasin de la ferme, où Fanny prépare les commandes. Chaque étape, de l’élevage à la mise sous vide, puis à la vente, est maîtrisée sur place. Une autonomie qui garantit traçabilité et confiance.

Les circuits courts, une agriculture plus humaine ?

La vente directe à la ferme, adoptée par 23 % des 389 779 exploitations françaises, reste le canal principal pour les circuits courts. Cela représente donc 90 024 exploitations agricoles en 2020.
En Auvergne-Rhône-Alpes, les circuits courts concernent près de 14 300 exploitations sur les  48 493 que concentre la région en 2020. Dans ces fermes, éthique et proximité se supplante parfois aux labels : les consommateurs rencontrent les producteurs et jugent par eux-mêmes.
Cette relation de confiance se retrouve aussi dans des structures comme l’association Les Petits Paniers de Ceyzerieu. Elle réunit des maraîchers, des éleveurs et des producteurs en cours de conversion bio. Ici encore, pas de circuits impersonnels : chaque produit vendu porte l’histoire de celui qui l’a cultivé, une histoire que nous vous raconterons en image la semaine prochaine grâce, de nouveaux, à nos journalistes en herbe.
Les circuits courts ne profitent pas qu’aux consommateurs. Pour les producteurs, ils assurent une rémunération juste et un modèle économique équitable. Dans la région, ces exploitations mobilisent en moyenne 1,8 fois plus de main-d’œuvre que celles en filière longue, tout en limitant l’impact écologique.

Les enfants reporters en action

L’atelier a permis aux enfants de poser des questions, de filmer et de comprendre. « Comment on élève un cochon ? », demande l’un d’eux. Fanny détaille : une alimentation locale, des soins constants et un suivi des cycles naturels.

Ils découvrent aussi les contraintes liées à ce métier. « On travaille avec nos valeurs, c’est important. Nous ne savons pas si ce sont les meilleures, mais ce sont les nôtres…]». Elle précise également qu’ils privilégient la vente directe et la transformation sans additif pour respecter leurs bêtes et leurs clients.

Photo du Menu du restaurant de la ferme du Marais 01 - Bugey Sud

Une agriculture vivante dans le Bugey Sud

Le Bugey Sud, c’est 247 exploitations agricoles, dont 85 pratiquent les circuits courts. La majorité sont de petites structures, comme la ferme du Marais. Ce tissu agricole repose sur des valeurs d’échange, de durabilité et de proximité.
Ces pratiques trouvent un écho chez les habitants. À travers des associations comme Les Petits Paniers ou des initiatives locales, les consommateurs renouent avec ceux qui les nourrissent. L’absence de label ne remet pas en question la qualité des produits. Au contraire, la relation directe entre producteurs et acheteurs renforce cette confiance.

Transmettre des valeurs

Pendant deux jours, les enfants reporters ont plongé dans un modèle agricole qui lie nature, proximité et éthique. À travers leurs micros et caméras, ils ont documenté des pratiques où producteurs et consommateurs se rencontrent et partagent des valeurs communes.

La ferme du Marais en est un exemple. Sans label, mais avec des pratiques responsables et une volonté de transparence. Une agriculture qui nourrit bien plus que les assiettes.

Une carte interactive pour valoriser les producteurs locaux

La communauté de communes Bugey Sud soutient ces initiatives à travers son Projet Agricole et Alimentaire Territorial (PAAT). Une carte interactive, en partenariat avec l’ADABIO, recensera les producteurs locaux et leurs offres. Les agriculteurs désireux d’y figurer peuvent se recenser ici : https://aurabio.limesurvey.net/599161?LANG=FR 

Découvrez le reportage réalisé par Clara, Fanelly, Jules, Camille, Guillemette, Maya, Pema, Izia, Icare, Luce, Louise et Leïla sur « Les Petits Paniers » (01)

Image générée avec Runway, illustrant une des scenes de "La guerre eternelle"

Guerre et paix éternelle de Joe Haldeman : quand la réalité rattrape… quelque peu… la fiction.

Dans un futur, pas si lointain, quand la guerre ne connait ni fin ni frontière, Joe Haldeman, nous offre une fresque intergalactique troublante. “Guerre et paix éternelles”, résonne aujourd’hui comme un avertissement pour notre civilisation d’homo numéricus.

En 1975, Joe Haldeman, tout juste revenu du Vietnam, publie “La guerre éternelle”. Ce roman de science-fiction devient immédiatement un classique en remportant en 1975 le prix Nebula puis en 1976 le prix Hugo. C’est la reconnaissance, non seulement de son habileté littéraire, mais aussi de sa critique, sans concession, de la guerre. Fils de militaire, Joe Haldeman n’était pas destiné à embrasser la carrière des armes. C’est pourtant dans la jungle Vietnamienne, armé d’une pelle plutôt que d’un fusil – dont il a toujours refusé de se servir — qu’il découvre l’absurdité et la violence des conflits. C’est cette expérience personnelle qui nourrit son œuvre et la richesse de son récit.

Étranger en sa demeure.

Image générée avec Runway illustrant une des scènes de "La guerre éternelle"
Image générée avec Runway illustrant une des scènes de « La guerre éternelle »

Avec son personnage principal, William Mandella (présent dans La Guerre éternelle et La Liberté éternelle), Haldeman nous plonge dans une guerre interstellaire contre un ennemi quasi inconnu, les Taurans. On ne sait ni comment ni pourquoi la première altercation a eu lieu, et les humains ignorent tout de leurs adversaires. Les combats, eux, s’étirent sur des siècles, dû à la dilatation temporelle des voyages à la vitesse de la lumière. Chaque mission de quelques mois de Mandella, durent en fait plusieurs décennies pour les humains restés sur terre, en cause : La relativité. 

Cet état de fait rend le protagoniste principal, un étranger dans son propre monde. À chaque retour, il découvre une Terre qu’il ne reconnait plus, une société qui évolue sans lui. Haldeman, utilise cette distorsion temporelle comme une métaphore de l’aliénation des soldats, un écart émotionnel et psychologique que nombre de vétérans ressentent lorsqu’ils reviennent dans leur pays. À chaque mission, la paix devient de plus en plus une illusion et la réalité un point de vue de l’esprit ou du temps…

L’uniformisation contre la promesse de la stabilité et de la sécurité

Image générée avec Runway, illustrant une des scene de "La libertée eternelle" sur la planete Majeure.
Image générée avec Runway, illustrant une des scene de « La libertée eternelle » sur la planete Majeure.

Dans “La liberté éternelle”, second volet du cycle, Joe Haldeman décrit une société où l’individualité est étouffée au nom de la paix et de la stabilité. Les humains ne naissent plus, ils sont créés en éprouvette et génétiquement, quasi identique, partageant une conscience collective, effaçant toute singularité ou diversité culturelle. Cette société “pacifiée” impose un modèle unique et entraine la disparition du libre arbitre et des libertés individuelles au nom du bien commun. Haldeman dénonce ainsi une paix aliénante obtenue au prix de l’humanité elle-même.

La technologie au service de la déshumanisation.

Dans “La paix éternelle”, Haldeman nous transporte en 2043, une date étrangement familière. Dans ce futur, la guerre est régie par la technologie, et les soldats, restés aux États-Unis, contrôlent des « petits-soldats » – robots quasi indestructibles – via des connexions haptiques1. Déconnectés du champ de bataille, ces soldats n’expérimentent plus la réalité crue et brutale du combat, réduisant la guerre à un simple geste, une routine, facilement oubliée. Et l’oublie est d’autant plus simple qu’il peut être provoqué par un effacement de donnée directement dans le cerveau grâce à sa connexion haptique. En un clic, l’horreur est pardonnée, oubliée ! 

La réflexion que nous propose Haldeman est extrêmement actuelle et nous fait immédiatement penser à des projets modernes de connexions cerveau-machine, comme ceux de Neuralink, d’Elon Musk. 
Jusqu’où cette fusion entre l’homme et la machine peut-elle aller sans nous dépouiller de notre humanité ? En quête de puissance et d’efficacité, ne risquons-nous pas de perdre ce qui nous rend humains, sacrifiant notre âme, notre humanité sur l’autel du progrès technologique et de l’efficacité économique ?

Image générée avec Runway pour illustrer Julian Class personnage principal de "La paix eternelle" de Joe Haldeman.
Image générée avec Runway pour illustrer Julian Class personnage principal de « La paix eternelle ».

Une œuvre qui retentit comme une sirène d’alarme pour notre époque.

Près de cinquante ans après la publication du premier volume de cette fresque magistrale, “La guerre éternelle”, “Guerre et paix éternelles” est plus que jamais d’actualité. Les dilemmes soulevés par Haldeman – contrôle technologique, guerre sans fin et sacrifice des singularités individuelles – font échos à des enjeux tout à fait contemporains.
À l’ère des drones de guerre, des interfaces homme-machine et du transhumanisme, le monde qu’il décrit semble étrangement familier. Haldeman anticipe notre époque, où la guerre, même à distance, continue de déshumaniser les soldats, et où la technologie, loin de libérer, enferme l’individu dans un modèle imposé.

En nous confrontant aux ravages d’une société dominée par la technologie et les idéologies militaristes, Joe Haldeman ne nous met-il pas en garde contre nos propres désirs ? Une sécurité qui aliène, des ambitions hégémoniques qui dévorent l’âme… “Guerre et Paix éternelles” fait résonner l’absurdité de nos sociétés contemporaines. Ce miroir anamorphosé, mais visionnaire, nous interroge : jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour une illusion de sécurité, pour gagner, pour diriger, que sommes-nous prêts à perdre ? Un livre à lire, sans aucun doute. À découvrir aux éditions Mnémo (recueil incluant deux nouvelles complétant le cycle).

  1. Ici, cette science est poussée à son paroxysme, avec un câble connecté au cerveau des soldats leur permettant de ressentir ce que fait leur robot, mais également d’être immergé dans les pensées et sensation du reste de leur peloton. ↩︎

Merci à Stéphane Damant pour les conseils et la relecture et Coline Irwin pour l’édition.

Sources de l’article :

Capture d'écran du site "Le point Pop". Lien vers une source de l'article
Capture d'écran du site des éditions Mnémos. Lien vers une des sources de l'article
Capture d'écran du site le lombard. Lien vers une des sources de l'article.

Pour aller plus loin :

Capture d'écran du site de France culture. Lien vers une source complémentaire pour aller plus loin sur les thématiques Technologiques et guerres développées dans l'article.
Capture d'écran du site de philosophie magazine. Lien vers une source complémentaire pour aller plus loin sur les thématiques Technologiques et guerres développées dans l'article.
Capture d'écran du site du national géographique. Lien vers une source complémentaire pour aller plus loin sur les thématiques Technologiques et guerres développées dans l'article.
Illustration senior navigant sur le web freepix

Boomer Traps : Quand l’IA piège les internautes vulnérables et exploite leurs émotions

Chaque jour, plus de 300 millions d’images circulent sur Internet. Parmi elles, de plus en plus sont générées par “IA” ou “intelligence artificielle” (un programme qui crée des images à partir de descriptions textuelles), brouillant la frontière entre fiction et réalité, entre le “vrai” du “faux”. On appelle « Boomer Traps » certaines de ces créations qui sont conçues pour capter l’attention et manipuler les internautes, en particulier les seniors et les moins familiers avec les technologies numériques. En s’appuyant sur des visuels suscitant l’émotion ou amplifiant les craintes identitaires, ces publications pièges exploitent les faiblesses des utilisateurs. Ces publications servent également les escrocs 2.0 (ou brouteurs) qui soutirent de l’argent aux plus vulnérables, partout dans le monde, et touche particulièrement les personnes les plus isolées ou âgées. 

Comment fonctionnent ces images et quels risques représentent-elles pour notre société ?

Qu’est-ce qu’un Boomer Trap ?

Les Boomer Traps sont des images ou des contenus créés par IA et spécifiquement conçus pour manipuler un public peu familier des technologies numériques, en particulier les seniors. En jouant sur des thèmes traditionnels, religieux ou identitaires, ces visuels cherchent à susciter des réactions émotionnelles fortes. Bien que fictives, ces images semblent si réalistes qu’il devient difficile pour les internautes de faire la distinction entre ce qui est vrai et ce qui est fabriqué.

Nous avons tous vu passer cette image d’une bergère en tenue militaire qui se trouverait moins jolie que Lady Gaga ou Jennifer Lopez et qui, selon le texte accompagnant l’image, obtiendrait donc moins de “j’aime” que ces deux célébrités…
Et donc, bien qu’entièrement fabriqué via des outils IA, cette image a pu  toucher des milliers de personnes, générant une chaîne de réactions sincères, des partages sur des groupes variés et polluant ainsi tous les fils d’actualité des internautes sur Facebook, Instagram et ou encore X (anciennement twitter). Si certains commentaires soulignent qu’il s’agit d’une image générée par IA, on retrouve en grande majorité des commentaires d’internaute émus, touchés par le storytelling de la publication et encourageant la jeune bergère. Pour eux, aucun doute, il s’agit d’une photo, d’une vraie…

Pourquoi les seniors sont les cibles des Boomer Traps : attirer et manipuler !

Les Boomer Traps poursuivent deux objectifs principaux :

1. Accroître la notoriété des pages

Sur les réseaux sociaux, la notoriété est devenue un bien monétisable. Plus une page génère de « j’aime » et de commentaires, plus les algorithmes augmentent sa visibilité, attirant de nouveaux abonnés et favorisant la monétisation. Les images fabriquées par IA, comme celle de la bergère, captent facilement l’attention avec des visuels émotionnels et polémiques, multipliant les réactions. Ces interactions massives permettent aux gestionnaires de pages d’augmenter leur audience, de vendre des publications sponsorisées, voire de revendre la page. Selon Social Media Today, une page à forte audience peut se monnayer entre 10 000 et 50 000 euros.

2. Escroquer les utilisateurs vulnérables

Les Boomer Traps sont aussi exploités par les « brouteurs », des escrocs souvent basés en Afrique de l’Ouest et en Asie du Sud-Est. Ces arnaqueurs ciblent les internautes crédules, en particulier les seniors. Ils utilisent les Boomer Traps pour repérer les utilisateurs sensibles aux messages émotionnels. Après avoir suscité leur intérêt, les brouteurs les contactent via de faux profils, se présentant comme des proches ou des interlocuteurs bienveillants. Ils exploitent ensuite la confiance des victimes pour obtenir des informations personnelles et des transferts d’argent sous de faux prétextes. Selon Interpol, en 2022, ces escroqueries numériques ont coûté plus de 1,3 milliard d’euros à l’échelle mondiale.

Les réseaux sociaux : des amplificateurs de fausses informations

Les réseaux sociaux comme Facebook et Instagram (Groupe META) sont des amplificateurs idéaux pour les Boomer Traps. Les algorithmes de ces plateformes, conçus pour maximiser le temps d’engagement, privilégient les contenus générant des réactions émotionnelles fortes. Selon la Mozilla Foundation 12 % des contenus recommandés sur les plateformes enfreignent les normes de la communauté, favorisant souvent la diffusion de fausses informations.

Les chaînes de mails participent également à l’expansion des Boomer Traps, en particulier chez les seniors. Souvent transmis par des amis ou des proches, ces courriels incitent les destinataires à partager « pour la bonne cause » ou à « protéger leurs proches », créant une diffusion en chaîne. Les messages envoyés par des contacts de confiance renforcent la crédibilité des informations non vérifiées, ce qui réduit la vigilance des destinataires.

En 2019, un article de science advance révèle que les internautes de plus de 65 ans partagent en moyenne sept fois plus de fausses informations que les jeunes générations. Cette tendance accentue la diffusion des Boomer Traps, amplifiant leur portée émotionnelle et leur impact. Et si, finalement, l’éducation aux médias et à l’information, était davantage nécessaire chez nos ainés ?


Pour apprendre à mieux se servir de son téléphone et des médias sociaux : atelier Story MILCATS. Maitriser la création de contenu avec votre smartphone et autres méandres du web et des réseaux sociaux. Pour tous, dès 14 ans
pour s’initier à l’intelligence artificielle : conférence Story MILCATS en partenariat avec Obatala à l'espace rameau 2024-2025. Les dates bientôt en ligne.

Les Boomer Traps dans les campagnes électorales : Comment l’IA manipule nos émotions !

Les Boomer Traps prennent une tournure inquiétante dans les campagnes électorales, où ils deviennent des outils de manipulation émotionnelle et de polarisation de l’opinion publique. Lors des campagnes européennes et législatives françaises de 2024, l’extrême droite a largement eu recours à l’intelligence artificielle pour diffuser des messages anti-immigration et anti-Europe. C’est l’ONG AI Forensics qui le révèle dans un rapport de juillet 2024. Ces images, diffusées sur Facebook, Instagram et X, visaient clairement à jouer sur les émotions des internautes et à renforcer un sentiment de menace afin de polariser le débat sur les sujets que ces partis souhaitaient mettre au-devant du débat public et de l’attention des français.

En 2023,c’est au moment des manifestations contre le projet de loi sur les retraites que c’était répandu sur la toile de fausses images sur les violences policières. Des policiers en tenue anti-émeute face à des manifestants âgés et ensanglantés a été diffusé avec des légendes suggestives, amplifiant la perception d’une répression brutale (ref: ​ France 3 RégionsLe Monde.fr Factuel). Même si cette image a été très vite démentie par des experts et alors que son créateur, Régis Gonzalez, artiste contemporain, précise qu’il s’agit d’une œuvre de satire intitulée « Fakumentary 2043 », le mal était est fait et le message bien ancré dans la tête des internautes. 

Ce type de publication bénéficie de l’amplification des réseaux sociaux et de leurs algorithmes qui privilégient les contenus suscitant de fortes réactions émotionnelles : colère, haine, nostalgie… Elles sont souvent partagées avec des textes et des hashtags populaires liés à l’actualité politique, à l’immigration, aux valeurs traditionnelles, à la religion… Elle conforte la polarisation du débat et la méfiance envers les autorités et les médias. Ces stratégies d’influence visuelle exploitent le biais de confirmation des utilisateurs, les exposant davantage aux contenus qui renforcent leurs croyances existantes.
En détournant l’attention des citoyens des informations factuelles et vérifiées, les Boomer Traps polarisent le débat public et compromettent la qualité du processus démocratique.

L’avenir d’un monde numérique saturé de fictions

Avec l’évolution rapide des outils d’IA, les Boomer Traps et autres deepfakes (une vidéo truquée qui peut montrer une personne dire ou faire quelque chose qu’elle n’a jamais dit ou fait) devraient continuer à se multiplier et à déstabiliser nos systèmes d’informations et nos institutions. À terme, des vidéos d’apparence réelle, mais entièrement truquées, pourront influencer les opinions publiques à grande échelle, posant des défis immenses pour la régulation des contenus en ligne et l’information des citoyens. L’éducation aux techniques de vérification et la sensibilisation (EMI) des citoyens apparait plus que jamais essentielles pour défendre une information authentique dans un monde où l’illusion devient de plus en plus difficile à différencier du réel.

Comment repérer et se prémunir contre les Boomer Traps ?

  1. Vérifiez les détails : Les outils IA comme DALL-E ou Midjourney produisent souvent des erreurs dans les détails fins (par exemple, un nombre incorrect de doigts, des symétries bizarres ou des arrière-plans flous).
  2. Utilisez une recherche d’image inversée : Des plateformes comme Google Images ou TinEye permettent de retrouver la source d’une image et de vérifier si elle a été utilisée ailleurs en ligne.
  3. Observez le contexte : Les Boomer Traps floutent souvent l’arrière-plan ou montrent des éléments irréalistes ; si une image semble « trop parfaite » ou étrange, méfiez-vous.
  4. Restez attentif aux émotions : Si une image déclenche une réaction émotionnelle intense, prenez le temps de vérifier avant de la partager.

Lexique des termes techniques

IA (Intelligence Artificielle) : Technologie permettant à des systèmes informatiques de simuler certaines fonctions de l’intelligence humaine, comme l’apprentissage, la prise de décision ou la création d’images réalistes. L’IA est utilisée pour générer des contenus (textes, images, vidéos) capables de paraître authentiques.

Boomer Trap : Image ou contenu généré par IA visant spécifiquement à attirer l’attention des internautes peu habitués aux technologies numériques, en particulier les seniors. Ces contenus, souvent émotionnels, sont conçus pour susciter des réactions immédiates et, dans certains cas, manipuler ou arnaquer leurs cibles.

Deepfake : Technique de falsification numérique utilisant l’IA pour créer des vidéos truquées, où le visage ou la voix d’une personne est manipulé(e) pour dire ou faire des choses qu’elle n’a jamais faites. Les deepfakes sont souvent utilisés dans des contextes de désinformation.

Brouteur : Terme désignant un escroc numérique, souvent basé en Afrique de l’Ouest, qui utilise des techniques de séduction et des récits fictifs pour tromper ses victimes et leur soutirer de l’argent. Les brouteurs opèrent principalement via les réseaux sociaux et les plateformes de messagerie.

Algorithme : Programme ou ensemble de règles automatisées qui guide le fonctionnement des plateformes numériques (comme Facebook ou YouTube) pour organiser et classer les contenus. Dans le contexte de cet article il s’agit : d’algorithmes conçus pour maximiser l’engagement des utilisateurs en favorisant les contenus susceptibles de générer des réactions émotionnelles, et donc d’être plus largement diffusés.

Engagement : Mesure de l’interaction d’un utilisateur avec un contenu en ligne, exprimée par des « likes », des commentaires, des partages, et autres réactions. Plus un contenu suscite de l’engagement, plus il est mis en avant par les algorithmes de la plateforme, augmentant ainsi sa visibilité.

Chaînes de mails : Suite de messages transmis par mail d’une personne à une autre, souvent en masse. Ces chaînes de mails peuvent contenir des informations non vérifiées ou des alertes émotionnelles (comme des appels à l’aide ou des informations choquantes), encourageant les destinataires à les partager avec leurs contacts, ce qui amplifie leur diffusion.

Contenu viral : Contenu qui, grâce à des réactions massives et à l’amplification par les algorithmes ou par le partage direct, se répand rapidement et atteint un large public. Les contenus viraux sont souvent des messages qui suscitent des réactions émotionnelles fortes, comme la surprise, l’indignation ou la nostalgie.

 Monétisation sur les réseaux sociaux : La monétisation sur les réseaux sociaux désigne le processus par lequel une personne, une marque ou un compte tire des revenus de ses activités en ligne. Cela se fait en exploitant l’audience et l’engagement de ses abonnés pour générer des gains financiers. Les méthodes de monétisation incluent :
Publications sponsorisées : Les marques paient les influenceurs ou pages populaires pour promouvoir leurs produits ou services dans des publications spécifiques.
Affiliation : Les comptes partagent des liens vers des produits ou services, recevant une commission pour chaque clic ou achat généré par leur audience.
Vente de produits ou services : Certains créateurs utilisent leur notoriété pour vendre directement leurs propres produits, cours ou services à leurs abonnés.
Contenus exclusifs : Des plateformes comme YouTube ou Patreon permettent aux créateurs de proposer des abonnements payants pour du contenu exclusif.
Publicité intégrée : Sur des plateformes comme YouTube, des publicités automatiques apparaissent pendant les vidéos, générant un revenu pour les créateurs basé sur les vues.
La monétisation repose essentiellement sur la capacité d’un compte ou d’une page à attirer et à maintenir l’attention des utilisateurs. Plus une audience est engagée, plus les opportunités de gains sont nombreuses, d’où l’importance pour de nombreux créateurs de contenus de développer une communauté active et fidèle.

Les Sources pour cet article :

Social Media Today – Monétisation des pages virales et réseaux sociaux :
https://www.socialmediatoday.com/

Interpol – Rapport 2022 sur la cybercriminalité et les fraudes en ligne :
https://www.interpol.int/News-and-Events/News/2022/Cybercrime-report-2022

AI Forensics – Utilisation de l’IA dans les campagnes électorales françaises de 2024 :
https://aiforensics.org/work/french-elections-2024

Mozilla Foundation – Étude sur la propagation des fausses informations et le rôle des algorithmes :
https://foundation.mozilla.org/en/campaigns/misinformation/

Science Advances – Étude de Princeton et NYU sur le partage de fausses informations par les personnes âgées :
https://www.science.org/doi/10.1126/sciadv.aau4586

Hootsuite – Impact des réseaux sociaux sur les comportements d’achat :
https://www.hootsuite.com/resources/social-media-statistics

Influencer Marketing Hub – Revenus des influenceurs et monétisation sur les réseaux sociaux :
https://influencermarketinghub.com/

FranceTV Info – Article sur l’utilisation de l’IA par l’extrême droite dans les campagnes électorales françaises :
https://www.francetvinfo.fr/elections/l-extreme-droite-a-utilise-l-intelligence-artificielle-pour-faire-passer-ses-messages-pendant-la-campagne_6645876.html

Digital Services Act (DSA) – Texte officiel du règlement européen encadrant les plateformes numériques, y compris la gestion des deepfakes :
https://ec.europa.eu/digital-strategy/our-policies/digital-services-act-ensuring-safe-and-accountable-online-environment_en

Loi contre la manipulation de l’information (France) – Loi française de 2018 visant à encadrer la transparence des contenus sponsorisés et à lutter contre la désinformation :
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000037847559/

Pew Research Center – Étude sur l’impact de l’IA et de la désinformation dans les campagnes électorales américaines :
https://www.pewresearch.org/

Brouteurs, qui sont-ils ? : https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/le-choix-franceinfo/temoignage-il-etait-toute-ma-vie-en-l-espace-de-quelques-jours-qui-sont-les-brouteurs-ces-escrocs-qui-jouent-avec-les-sentiments-de-leurs-victimes_6453431.html

Photo de l'article de presse du progres relatant l'atelier connexion deconnexion avec le programme erasmus et l'association story MILCATS

Retour sur l’atelier photographique ERASMUS : Une rencontre sensorielle au cœur du Bugey Sud

Il y a un an, les élèves du Lycée du Bugey ont eu l’opportunité unique de participer à un atelier photographique interculturel, en collaboration avec des étudiants irlandais du Lycée de Monaghan, dans le cadre du programme Erasmus. Ce projet pédagogique intitulé « Connexion / Déconnexion – Randonnée Photographique Sensorielle à Bugey Sud » a marqué un tournant pour ces jeunes Européens, qui ont découvert l’art de la photographie tout en renforçant les liens culturels entre leurs pays.

Organisé par l’association locale Story MILCATS, cet atelier a offert aux élèves français et irlandais une immersion dans les paysages du Bugey Sud, tout en les invitant à réfléchir à notre relation moderne à la technologie et à son impact sur nos interactions avec le monde. En utilisant des appareils numériques et argentiques, les élèves ont ainsi exploré, au sens métaphorique, la thématique de la connexion et déconnexion, confrontant l’immédiateté du numérique à la lenteur réfléchie de l’argentique.

Une rencontre culturelle et artistique réussie

La première phase de l’atelier a conduit les élèves dans une randonnée photographique de 10 km à travers les paysages du Bugey Sud. Encadrés par Nadia Berg et Olga Kravets, les lycéens ont perfectionné leurs compétences photographiques tout en échangeant avec leurs pairs irlandais. La randonnée s’est achevée par une visite à la Micro-Folie de la Casavava, un tiers-lieu culturel situé à Marignieu, où les élèves ont découvert un espace de diffusion artistique et d’innovation culturelle. Cette visite a permis d’enrichir encore davantage leur expérience sensorielle et créative, en les connectant aux collections artistiques et culturelles des collections de France.

Ces échanges interculturels se sont poursuivis lors de la phase d’édition. Les élèves (cette fois-ci, uniquement nos jeunes Bugistes), encadrés par la curatrice internationale Anna Zekria, ont appris à sélectionner et à retoucher leurs clichés pour raconter une histoire. Ce processus leur a permis d’affiner leur sens critique et artistique, aboutissant à des œuvres puissantes et évocatrices. Mais également de réfléchir à la lecture et l’interprétation de l’image, de mieux comprendre l’importance des légendes et du travail journalistique sous-jacent dans les publications médiatiques.

Une exposition au-delà des frontières

L’atelier s’est clôturé par une exposition en Irlande, où les photographies prises par les élèves ont été présentées dans une galerie à Monaghan. Cette exposition a célébré la créativité des participants, mais aussi l’esprit de collaboration et de dialogue interculturel qui a marqué l’ensemble du projet. Ce retour d’expérience témoigne de la réussite de l’initiative, tant sur le plan artistique que pédagogique.

Un appel à de nouvelles collaborations

Forte du succès de cet atelier, l’association Story MILCATS invite désormais les enseignants et établissements scolaires à collaborer avec elle pour développer de nouveaux ateliers d’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI). En s’appuyant sur des thématiques actuelles et créatives, comme celles explorées lors de ce projet Erasmus, Story MILCATS aspire à enrichir l’expérience des élèves à travers des formats variés mêlant art, science et culture.

Que vous soyez enseignant, responsable pédagogique ou simple curieux, n’hésitez pas à contacter Story MILCATS pour imaginer ensemble de futurs projets. Ensemble, construisons des ateliers qui stimulent la curiosité, la créativité et l’esprit critique des jeunes générations, tout en renforçant les ponts entre cultures et disciplines.


Pour prolonger cette expérience, vous pouvez visionner les diaporamas réalisés par les élèves ainsi qu’une petite sélection de leurs productions collectives à la fin de cet article.
Et pour plus d’informations sur les ateliers EMI, contactez Story MILCATS dès aujourd’hui !

Teaser de l’atelier sur le thème « Amitié » choisis par les lycéen du Lycée du Bugey

Capture d'écran du site de gilles roudiere

GILLES ROUDIERE, PHOTOGRAPHIE

LANCEMENT DE LA RUBRIQUE ART & CULTURE

Chez Story MILCATS, la photographie est au cœur de nos vies, de nos pratiques personnelles et professionnelles. C’est une discipline qui anime plusieurs membres de notre équipe, que ce soit dans la production pour la presse, l’iconographie ou la création artistique. Avec cette rubrique, nous souhaitons mettre en avant les artistes qui nous inspirent en partageant leurs œuvres et leurs parcours. Notre premier article est dédié à Gilles Roudière, un photographe dont le travail m’a accroché la pupille en 2012 lors des Promenades Photographiques de Vendôme.

Capture d'écran du site de gilles roudiere

À cette époque, c’est sa série sur l’Albanie qui a figé l’instant et m’a poussé à suivre son parcours. Ce travail en noir et blanc, réalisé en argentique, se distingue par ses flous maîtrisés, ses cadrages atypiques, ses gros plans audacieux et ses contrastes marqués. À travers ces images, Gilles Roudière ne cherche pas à documenter la réalité de manière fidèle, mais plutôt à en extraire une poésie brute et suggestive. Chaque cliché devient une exploration de la matière et du moment, comme une errance visuelle qui invite le spectateur à rêver et à se perdre.

Quelques années plus tard, l’univers de cette série sur l’Albanie résonne à nouveau, mais sous un autre format : celui de la bande dessinée. Dans « Ville avoisinant la terre » de Jorj A. Mhaya, sur Beyrouth et le Liban, on retrouve une approche similaire, bien que dans un médium différent. Là où la photographie de Roudière explore la folie et le chaos par le biais de contrastes forts et de cadrages inhabituels, Mhaya le fait à travers des dessins percutants et un récit qui oscille entre le réel et le fantastique. Deux regards singuliers, mais qui parfois laissent poindre la même folie créative et subversive. Mais je m’égare, la BD, fera sans nul doute l’objet d’un article, un peu plus tard…

Aujourd’hui, Gilles Roudière revient avec une nouvelle exposition, « Détours », qui fait suite à sa résidence en Bretagne. Cette exposition, prévue à Chartres-de-Bretagne, poursuit sa démarche d’exploration intime des territoires qu’il traverse, capturant des scènes à la fois familières et mystérieuses. Pour plus de détails sur cette exposition, si des fois, vous passez en Bretagne, elles sont disponibles sur le site de la ville de Chartres-de-Bretagne ici: https://www.chartresdebretagne.fr/…/detours-par-gilles…/

Avec sa série « Soledades », Gilles Roudière explore une autre dimension de la solitude. Toujours en noir et blanc, toujours en argentique, son travail joue encore avec le flou et le cadrage atypique pour exprimer une solitude profonde et palpable dans les paysages d’Andalousie. Ces images rappellent les ambiances des westerns spaghetti, avant le duel, dans un monde alternatif, ou le noir aurait remplacé l’ocre du sable et où plus un cowboy armé n’auraient arpenté les lieux… Ce sont aussi des instants volés dans les rues, arrachés au temps, des apparitions parfois spectrales, d’un autre monde, foulant les pavées chauffés à blanc des rues Andalouses. Les contrastes, forts et inévitables, sont imposés par la lumière accablante de cette région du sud de l’Espagne. Les photographies de « Soledades » deviennent ainsi les preuves d’un monde fantasmagorique jouxtant le nôtre, où le réel et l’imaginaire se confondent. Ici un article ce livre et son travail : https://lintervalle.blog/…/andalousie-galeries…/officiel  

Alors que son projet « Détours » s’apprête à être dévoilé, cette nouvelle exposition est une opportunité rare pour les amateurs de photographie de découvrir ou redécouvrir le travail de Gilles Roudière, une invitation à voir le monde avec un regard neuf ou à regarder à l’intérieur de sois, une introspection aux portes de l’éther, un brin de folie derrière nos œillères.

Pour découvrir plus en avant le travail de cet incroyable photographe : https://www.gillesroudiere.com/news/ 

Nous continuerons à vous proposer le plus régulièrement possible  des découvertes d’artistes qui, comme lui, repoussent les frontières de leur art.

#photographie #art #médias #EMI #culture #découverte #Exposition #médialocal

Nadia Berg pour La Charmeuse association #storymilcats